Trois jours au rythme des yacks : une expérience qui fait écho au travail social

Début mai 2026, nous avons partagé trois jours avec Rosula Blanc, à l’occasion de la transhumance de ses yacks. Au fil des déplacements et des différentes missions, nous avons découvert une partie de sa réalité d’éleveuse-entrepreneuse : entretenir et réparer les infrastructures, veiller au bien-être des animaux, répondre aux besoins des clients, anticiper les difficultés et trouver des solutions aux imprévus. Un quotidien riche et exigeant, qui demande de la polyvalence, de l’engagement et une grande débrouillardise !
Nous étions alors en fin de formation de maîtres et maîtresses socioprofessionnel·les, avec l’envie de faire des liens entre cette expérience et notre futur métier. Ces liens se sont révélés naturellement, au fil des situations vécues. Respecter l’espace personnel de chacun et celui du groupe, prendre conscience de l’influence de notre propre énergie sur la dynamique collective, savoir quand intervenir et quand laisser faire : autant d’éléments qui font écho à l’accompagnement socioprofessionnel.

Cette expérience nous a notamment rappelé combien il est important de trouver un équilibre entre liberté et cadre. Comment laisser à l’autre suffisamment d’espace pour être lui-même, faire ses propres choix et avancer à son rythme, tout en assurant sa sécurité et en maintenant les repères nécessaires pour atteindre un objectif commun ? Avec les yacks, il faut avancer sans précipitation, tout en gardant en tête les étapes à rejoindre : un point d’eau, un pâturage ou un endroit où passer la nuit. Le cadre est bien présent, mais il n’empêche ni l’adaptation ni la liberté de mouvement.

Au-delà des tâches accomplies, nous retenons aussi la rencontre avec Rosula et sa profondeur d’esprit. Sa manière de communiquer, souvent simple et tournée vers l’essentiel, nous a particulièrement marqué. Elle nous a amené à réfléchir à la posture que nous adoptons dans la relation à l’autre : aller à sa rencontre avec notre propre dignité, pour rencontrer la sienne. Non pas chercher à savoir à sa place, à imposer une manière de faire ou à prendre le dessus, mais entrer dans une relation où chacun peut exister pleinement.
Cette posture nous semble essentielle dans le travail social. Accompagner, ce n’est pas faire à la place de l’autre ni décider pour lui. C’est créer les conditions d’une rencontre, poser un cadre sécurisant, reconnaître les ressources et les choix de chacun, tout en restant attentifs à ce qui se vit individuellement et collectivement.
Ces trois jours nous ont permis de vivre concrètement des notions abordées durant notre formation et de les découvrir sous un autre angle. Nous repartons avec des images, des expériences et des questionnements qui continueront à nous accompagner dans notre pratique professionnelle. Et surtout, avec cette conviction renforcée : la qualité de l’accompagnement se construit autant dans la manière d’être en relation que dans les objectifs que l’on cherche à atteindre.

Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là ! Lors d’une journée de restitution ouverte aux autres classes, aux enseignant·es et aux visiteurs, nous avons eu le plaisir d’embarquer le public dans cet univers qui nous avait tant marqués. Un partage qui a trouvé un bel écho, jusqu’à nous valoir le prix du jury ! Une jolie surprise pour clore en beauté cette aventure, vécue de bout en bout dans un bel esprit d’équipe, avec de l’engagement, du respect et surtout beaucoup de sourires.
Merci.
Sofia, Stéphane et Simon








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