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RIVER

  • Photo du rédacteur: Rosula Blanc
    Rosula Blanc
  • 20 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

C'est la dernière semaine de mon exposition de "RIVER".

Le finissage aura lieu le samedi 25 juillet de 16-19h.


J'ai beaucoup aimé cette expérience d'être plongée dans le fourmillage de la ville en participant à sa créativité et diversité. Ci-bas je vous donne encore un peu plus d'info concernat le contenu litéraire de l'installation.


photo: marouan abu-nijmeh
photo: marouan abu-nijmeh

THE RIVER : L’histoire


Il était une fois deux personnes qui s’aimaient profondément.

Une jeune fille et un homme mystérieux aux deux visages. Derrière son visage de jeune homme se cachait le visage intemporel du magicien. Et comme il était magicien, un jour, leur amour prit forme et s’incarna sous la forme d’un enfant-dragon aux multiples formes.

Ce dragon, nommé Ananda par les magiciens, est un être puissant. Il reflète les mouvements du cœur et de l’esprit et se transforme en conséquence.

Il est une porte vers les mondes intérieurs créés par les émotions.


Bientôt, Ananda devient plus fort que la jeune fille naïve, qui, démunie, est exposée à ses transformations, ignorant qu’elles ne sont que le reflet d’elle-même.

Lorsqu’elle demande de l’aide à son amant, il lui répond qu’il ne peut l'aider, sinon elle perdrait Ananda. Il lui dit qu’elle devra quitter le pays de son enfance (et le quitter lui aussi) pour voyager à travers les mondes, en suivant la voie des magiciens afin de devenir elle-même magicienne. Car seul un magicien peut guider un être aussi puissant et lumineux qu’Ananda.


Exilée, elle se trouve embarquée dans une odyssée, effrayée et rebelle, ballottée d’un monde à l’autre, elle perd de plus en plus le contrôle. Finalement, elle arrive sur l’île de la nuit, un monde d’ombres construit à partir de la seule réalité de la pensée. Une fois pris dans sa spirale destructrice, ce n’est qu’en traversant son propre miroir, le cœur de l’enfer, que l’on peut rebrousser chemin et s’en extraire.


Elle s'échappe. Cependant, elle a tout perdu.

Un jour, lorsqu'elle se retourne, tous les pays qu'elle a traversés ont disparu, engloutis par un immense marécage. Tout a perdu forme et saveur. Désespérée, elle continue d'avancer jusqu'à ce qu'un jour, une lueur apparaisse à l'horizon. Elle gravit les montagnes, laissant le marécage derrière elle. Elle voyage dans une contrée qui semble déserte. Mais peu à peu, elle apprend à percevoir le mouvement, la vie de cette terre, et soudain, elle aperçoit à nouveau Ananda sous sa forme de cheval-dragon…

Elle a traversé son être pour finalement retrouver sa véritable essence…


C’est ici que le livre s’achève, mais le voyage ne fait que commencer…


photo: marouan abu-nijmeh
photo: marouan abu-nijmeh

THE RIVER : Style


« L'histoire racontée dans ce livre part de la source et progresse à travers l'espace en direction de la mer. Au cours de son voyage, la jeune fille s'éloigne irrévocablement de son enfance.

Il existe à la fois des divergences et des convergences entre le texte et les images. Parfois, les images illustrent le texte, mais la plupart du temps, elles semblent obéir à leurs propres lois. Le texte et les images sont comme deux courants qui coulent en parallèle, mais qui s'adressent à différentes parties de notre esprit dans leurs langages respectifs. Le texte est utilisé davantage comme un élément graphique que comme un texte destiné à être lu. C’est important que les mots soient présents d’une manière ou d’une autre, mais l’artiste ne pense pas qu’il soit indispensable que le spectateur les lise ; elle n’insiste pas pour que celui-ci retienne la même histoire que celle sur laquelle elle a travaillé. Elle souhaite qu’il perçoive une dynamique, une impression de beauté ou de laideur, ainsi qu’une évolution à travers différentes ambiances, couleurs et structures au fil des pages du livre – tout en laissant au spectateur la liberté de se forger sa propre histoire. S’il souhaite vraiment connaître son interprétation, ou savoir comment elle a donné un sens à ce rêve fait de couleurs, de structures, d’ambiances et d’émotions, il peut acheter le livret accompagnant l’exposition et lire le texte chez lui. Ce texte lui permettra de découvrir une autre dimension ou une autre profondeur de l’histoire.


photo: marouan abu-nijmeh
photo: marouan abu-nijmeh

Le récit, raconté à la première personne, commence au passé et passe au présent avec un sentiment d’urgence lorsque la jeune fille rencontre les mondes intérieurs et entame son voyage. Le présent nous permet de ressentir son sentiment de dépassement. Elle est incapable de prendre du recul par rapport à ce qu’elle vit. Avec la réapparition du dragon à la fin, le récit revient au passé. Elle peut alors se voir à nouveau avec un certain recul et en relation avec un tout plus vaste. Ce changement de temps est la seule irrégularité dans le déroulement linéaire du texte. Mais visuellement, l’ouvrage présente de multiples niveaux de lecture et des univers hétéroclites. Les différents styles picturaux ne nous permettent pas de nous détendre au cours d’un parcours harmonieux. Les styles et techniques variés transportent le spectateur vers des visions très diverses. Ils mettent à l’épreuve sa souplesse d’esprit en le faisant passer d’illustrations naïves, rappelant les livres pour enfants, à des peintures abstraites mêlant différentes techniques, à la calligraphie et à l’expression graphique à travers des signes et du texte. Ces styles suggèrent différentes couches de profondeur ou réalités de l’esprit, différentes manières de percevoir, des humeurs changeantes et des nuances émotionnelles qui teintent notre perception et notre expérience du monde. Mais malgré cette utilisation apparemment chaotique des styles, toutes les images sont encadrées (à l’exception de celle de la mer à la fin) et reliées entre elles par une toile continue. Elles sont mises en séquence, ordonnées et figées. »


photo: marouan abu-nijmeh
photo: marouan abu-nijmeh

 
 
 

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