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Trek des Alpages II

Photo du rédacteur: Rosula Blanc
Rosula Blanc
31 août
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 sept.

Deuxième trek de la saison avec Alice, Kate, Maja, Jan, Bénédicte, Claudine, Camille, César, Stéphanie et Vincent, accompagné par Stéphane et Rosula et les chiens Nuuri et Laani.


Stéphane a proposé un stage d'artisanat sauvage le vendredi avant le trek et nous avons eu le plaisir de sculpter nos propres cuillères, une occupation idéale par un temps pluvieux.




Personellement, ce qui m'a touchée lors de ce trek, c'est le comportment inhabituel de mon troupeau. Jeudi matin, le jour de l'arrivée des premiers clients, j'ai rassemblés les yaks à la remointse pour pouvoir ramener Chele à la Giette avant le trek car elle boite de nouveau. Après avoir chargé Chele, j'ai relâché le troupeau et suis partie la conduire à la Giette. Mais quelle surprise quand je suis remontée le soir de voir que les yaks n'avaient pas disparu en montagne, mais étaient restés au camps comme s'ils nous attendaient. Et toute la nuit, ainsi que la journée de vendredi ils sont restés avec nous en liberté. Ils savaient qu'on allait partir ensemble.

A la fin du trek, nous avons l'habitude de les débâter sur la route de Tzaté et les laisser monter seuls vers leur territoire d'alpage, pendant que les clients commencent à descendre direction la Forclaz et moi je monte à la remointse chercher la voiture pour charger les bagages. Jusqu'à présent les yaks se mettaient directement en route et disparaissaient dans montagne. Donc quelle était ma surprise quand je reviens avec la voiture, de voir les têtes des yaks couchés sur une bosse juste en dessus, de nouveau comme s'ils m'avaient attendue et avaient veillé sur nos bagages. Quand j'ai chargé les bagages et suis descendu rejoindre les clients à la Forclaz, les yaks se sont levés et guidé par Naulekh sont partis doucement vers les hauteurs.

Je connais ces moments quand je voyage seule avec Naulekh, mais c'est la première fois que je vis un lien aussi fort avec mon troupeau en liberté, qu'ils choisissent de rester avec moi là ou sont mes affaires même que toute la montagne leur est accessible. Je sens que Naulekh est le facteur déterminant, que c'est notre lien spécial qu'il arrive à transmettre avec son autorité à tout le troupeau.



« Humains, chiens, yaks, tous sont en place. La caravane avance, le temps s’arrête doucement et s’écoule en une rivière paisible qui se fond dans ce paysage grandiose et divin.

 

Je marche à l’avant de la caravane et je suis portée par toute l’énergie du troupeau qui se déploie derrière moi. Je flotte jusqu’au sommet des montagnes, enveloppée par cette puissance bienveillante des yaks.

 

Je marche à l’arrière de la caravane et tout se pose, tout s’aligne, dans un calme et une harmonie majestueuse. Le rythme des yaks qui observent, s’organisent, le rythme de leur pas qui paraissent si léger en regard de leur masse imposante, le rythme de leurs longs poils qui ondulent, le rythme du balancement léger de leur queue, le rythme du mouvement de leurs cornes qui semblent les élever jusqu’au ciel, le rythme de leur souffle et leur halètement dans les montées parfois ardues sous la chaleur d’un jour de fin d’été, le rythme que donne Naulekh, le chef qui orchestre et accompagne son troupeau en une danse féérique et solennelle, remplie de noblesse et de fierté.

 

Les chiens, Nuuri et Laani vont et viennent à tour de rôle, tout est juste, tout est à sa place dans cet état de Grâce, de bienveillance et d’émerveillement. Une communion avec le vivant et la beauté infinie de la création, tous les éléments de la nature m’absorbent et nous ne faisons plus qu’un.

 

Les yaks, des rocs au milieu des rocs, et moi, infime poussière dans cette immensité où je ne trouve ma place que dans l’humilité et la gratitude.

 

Un dernier bain dans le lac pour les yaks, les sacs à dos et les bâts se posent à terre et un relâchement bienvenu vient soulager tous les efforts de la journée.  

 

Le soir tout ralenti, les tentes jaillissent, les réchauds promettent la saveur d’un bon repas réconfortant. Encore quelques échanges et chacun rejoint son refuge pour la nuit.

 

Le ciel s’embrase, le soleil s’apprête à laisser sa place à la lune, le troupeau se regroupe, se couche, et au milieu, il y a Rosula, l’étoile qui brille, qui guide, qui éclaire et qui veille.

 

Un nouveau jour apparaît et une nouvelle histoire va s’inscrire dans le livre de ma vie. »

 

Un infini Merci Rosula et Stéphane !!

Alice, Trek des alpages II, 27 au 30 août 2026

 
 
 

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