Exposition "River" à la Galerie Othal à Sion
- Rosula Blanc

- il y a 1 heure
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Créé entre 1995 et 1996, à mon retour du Japon, « The River » est un grand livre accordéon, composé de peintures et de textes qui racontent l’histoire colorée et féérique du voyage initiatique d’une jeune fille. Déplié, le livre forme les vagues d’une « rivière » de peintures et de textes de près de 14 mètres de long.
Après plus de vingt ans rangé dans sa valise, j’ai la joie de pouvoir exposer « The River » dans toute sa longueur à la galerie Othal à Sion cet été.


La base de cette histoire est née durant mes années vécues au Japon, comme apprentie dans une compagnie de danse butoh. Des années d’une immense richesse et intensité à m’immerger dans la culture japonaise: apprendre la langue, la culture, la danse; participer aux créations de spectacles et les accompagner en tournée; assister aux teintures pour la scénographie, la couture des costumes; être opérateur de son ou de lumière dans le théâtre; seconder le management, traduire des stages; essayer de s’intégrer, s’adapter et trouver des petits boulots pour ganger ma vie…
Toutes les frictions qui naissent des rencontres de cultures différentes; toute l’intensité d’être dans des processus de création et d’apprentissage; les joies et douleurs d’un premier grand amour et sa fin; la solitude d’être l’autre - l’étrangère - entre les cultures, l’incompréhension parfois….Beaucoup de questionnement et beaucoup de notes gribouillés dans mes carnets: des fragments de textes et d’histoires, des images, des visions.
C’est avec cette collection de croquis et notes que je suis partie dans la Drôme provençale en face du Mont Ventoux à mon retour du Japon. Des amis m’avaient trouvé un gite, vacant pendant l’hiver, où j’ai passée quelques mois à écrire, peindre et créer « the River » dans la solitude des montagnes. J’avais besoin de digérer mon expérience du Japon, de comprendre qui j’étais et de m’exprimer moi-même après avoir été apprentie et danseuse dans une company au service des créations des autres. Mais après cinq ans dans la discipline stricte d’une company Japonaise de danse butoh qui travaille avec une pédagogie de negation, du « non », je ne pouvais plus bouger, plus danser, j’étais hantée par des attentes inatteignables. Mon corps étais figé.
C’est dans l’art visuel, dans le 2D (et non le 3D du théâtre) que j’ai trouvé un médium libre. Libre de règles, d’attentes et de jugement, sans aucun chemin tracé à suivre.
Le résultat est de l’art brute qui vient directement du coeur, du besoin de raconter une histoire, du besoin de créer, de trouver des mots des couleurs des formes, d’exorciser une intensité intérieure.
Le vernissage est le samedi 4 juillet de 14-18h.
J'y présenterai à 15h et 17h un petit extrait de vidéos de l'époque.
L'exposition est ouverte les mercredis et jeudis de 14h - 18h.
Ainsi que les vendredis de 10h - 16h où je serai de garde.
Je me réjouis de vous y rencontrer et de partager avec vous cette oeuvre chère à mon coeur.







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