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  • Rosula Blanc

Grisons II

Mis à jour : 3 nov. 2019

Prättigauer Höhenweg


Un ami de Bartli qui fait des treks avec des chevaux nous déconseille d’essayer de traverser le Rätschenjoch qu’il juge trop technique et dangereux pour des animaux de bât. Il nous indique le passage par le Fürggli du Jägglisch Horn qu’il a l’habitude de traverser avec ses chevaux. Ohh… longue journée sur des routes forestières pénibles pour les onglons des yaks et frustrant pour mon esprit épris de liberté après toute la beauté sauvage de la semaine dernière. Je m’imagine les cavaliers trotter avec leurs chevaux à travers le paysage et ne se rendant pas compte combien la route est longue quand on doit la faire avec des onglons sensibles au gravillons… La question si oui ou non, nos yaks auraient réussi à traverser le Rätschenjoch va me préoccuper encore un moment. Je me dis qu’un jour j’y monterai pour voir.

Au fond le SchlappinerJoch - trait d'union vers l'Autriche...

Par contraste, le jour suivant, les conseils de Georg Engel, éleveur de yak à St.Antönien, nous font contourner le Eggberg bien en dessus de la vallée dans des pentes herbeuses très raides suivant un ancien sentier qu’on devine à peine – voici un itinéraire qui convient à nos yaks et à mon esprit de découverte (mais probablement ne serait pas très plaisant à cheval). Nous rejoignons le Prättigauer Höhenweg qui longe les falaises qui forment la frontière entre la Suisse et l’Autriche. La vue porte au loin sur des chaines et des chaines de montagnes – le paysage est beaucoup plus ouvert que la semaine dernière mais marqué par le contraste de la présence austère des falaises de l’un côté et la douceur des chaines de montagnes qui se fondent dans le bleu du ciel de l’autre côté.

Des chaines de montagnes jusqu'à l'horizon


Schweizertor

Le dernier jour nous décidons encore une fois d’emprunter un ancien sentier à peine tracé dans la forêt de l’Alp Nova. Nous traversons des prairies marécageuses, cherchons un passage entre les branches et souches d’arbres coupés et grimpons des pentes couvertes de broussailles de myrtilles. Naulekh est motivé, inspiré – il m’observe, il observe le paysage, il cherche son chemin avec visiblement un grand plaisir du défi. Je suis fascinée de l’observer, fascinée de notre collaboration, émerveillée de son intelligence, sa motivation et sa volonté. Quel yak exceptionnel ! Quel plaisir de travailler avec lui ! Tsarang le suit comme une ombre de son pas typique décontracté. Le cœur rempli d’une profonde gratitude de sentir cette cohésion du troupeau et une satisfaction d’avoir accompli un beau défi dans la foret sauvage nous arrivons sur le plateau et faisons une grande pause. Les yaks se couchent pour ruminer. Le sentier qui suit est facile et plus que nous nous approchons de la civilisation nous croisons des promeneurs qui sont montés avec le Aelplibahn depuis Malans pour profiter du soleil en montagne. Mais quelle surprise quand nous arrivons vers la station de l’Aelpelibahn ! Elle est posée contre une falaise et le chemin pédestre passe à travers la station ainsi que le restaurant adjacent bondé à l’heure de midi. Que faire ? La seule chose à faire c’est d’y aller ! Attention passage de yaks ! Naulekh arrive au millimètre près à passer avec ses bagages entre les garde-corps jaunes de l’arrivée du téléphérique et les deux yaks continuent à suivre Léna comme si c’était le plus normal du monde à travers le restaurant. Je vois la corne de Tsarang passer à 10cm des verres de bières et des dos de gens, mais mon petit sauvage ne bouge pas. Placidement il suit Naulekh et sort de l’autre côté de la terrasse ! Wow ! Quelle belle finale ! Notre dernier camp sur l’alpage du Heuberg est aussi de toute beauté. Il fait très doux, nous cuisinons au soleil adossées à une grande pierre avec vue sur la vallée du Rhin pendant que les yaks broutent l’herbe riche et bien verte de cette grande clairière entourée de forêts d’hêtres et de sapins.

Off road yakking

Dimanche matin tout se passe en douceur : la décente vers le parking de l’Aelpelibahn, le chargement des yaks, ainsi que la longue rentrée sur l’autoroute vers le Valais. A la Giette nous sommes accueillis chaleureusement par Christiane et Serge qui ont gardé le chalet en notre absence et qui nous ont préparé une petite fête.

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