Dermatose nodulaire et voyage
- Rosula Blanc

- 3 août 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 août 2025
Cela fait des mois que je prépare un nouveau voyage avec Naulekh pour l’automne.
Ce sera probablement la dernière année pour faire un grand voyage ensemble, comme Naulekh commence à prendre de l'âge et j'aimerais qu'il puisse jouir de belles années de retraite à un rythme réduit. D'autant plus ce dernier grand voyage est précieux!
J'’envisageais de faire la deuxième partie de la GTA (Grande Traversata delle Alpi) commencé en 2023 à travers le Piémont, car j'ai beaucoup aimé voyagé en Italie avec Naulekh. Pour cela, j’ai été en contact avec les vétérinaires officiels d’Aoste et du Piémont ainsi que l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Comme l’année dernière le voyage n’a pas pu avoir lieu à cause de la soudaine apparition d’une épidémie de la maladie de la langue bleu, ce printemps, sur demande des offices vétérinaires concernés, Naulekh a été vacciné contre les sérotypes 3, 4, et 8 de la langue bleu.
Tout était prêt et ok pour le voyage jusqu’à ce mail de OSAV reçu il y a trois semaines:
« Bonjour Madame. Comme probablement vous avez entendu, il y a le virus de la dermatitis nodularis (LSD – Lumpy Skin Disease) qui circule en France et en Italie. La Vallée d'Aoste et le Piémont ne sont pas très éloignés des foyers actuels. Le canton de Genève est actuellement dans la zone de surveillance avec des Restrictions d'importation UE. Nous ne savons pas si la situation sera meilleure en octobre ni si les zones de restriction seront plus étendues (et toucheront aussi les deux régions d'Italie concernées par votre voyage), ce qui rendrait difficile (ou interdit ?) le retour en Suisse.
Vous trouverez plus de renseignements sur la maladie et l’évolution des zones de restrictions sur les pages suivantes : Lumpy skin disease (Dermatitis nodularis)
La maladie est classée comme hautement contagieuse en Suisse et en catégorie A en Union Européenne, ce qui signifie que lors de la détection d’un cas confirmé, l’animal concerné ou, selon les cas, le troupeau entier doit être mis à mort.
La vaccination contre cette catégorie de maladies est généralement interdite. En cas de menace d’introduction, elle peut être autorisée, si une zone de vaccination est établie par les autorités vétérinaires. La vaccination est en préparation en Suisse pour les détentions du Canton de Genève, en réaction aux foyers détectés en France.
Si lors de votre voyage vous tombez dans une zone de restriction en Italie, votre retour ne pourra être envisagé uniquement si l’évaluation des risques par les autorités Suisses mène à un résultat favorable et nécessitera des examens cliniques et de laboratoire. Le retour ne pourra donc pas être garanti.
La situation étant dynamique du côté de la France et les foyers se rapprochant du territoire Suisse et Italien, vous courrez le danger que l’autorisation devienne caduque pendant votre séjour en Italie dû au changement de la situation épidémiologique d’un côté ou de l’autre de la frontière.
En raison de cette incertitude et des mesures sévères prévues pour combattre la maladie, nous devons malheureusement vous conseiller de renoncer à votre voyage cette année également. »
Surprise j’ai commencé à m’intéresser à cette nouvelle maladie qui empêcherait notre voyage et à suivre ce qui se passe actuellement en Savoie. Ce que j'ai appris est choquant! En Savoie, les troupeaux entiers où des cas de LSD sont apparus, ont été exterminés, même que la maladie est ni mortelle pour les animaux, ni transmissible à l’homme et qu’il n’y a aucun risque pour la santé humaine lié à la consommation de produits issu de ces animaux!
La maladie est transmises par des insectes. On éradique les troupeaux entiers, mais arrivera-t-on a éradiquer tous les insectes? N’est-ce pas une idée absurde et orgueilleuse de toute puissance de l’homme sur la nature?
Il est fort probable qu’avec le réchauffement climatique et le constant mouvement de personnes et marchandises, ainsi que les courants de vent venant de l’Afrique qui emportent des insectes avec eux, à long terme, la maladie s’installe de toute façon en Europe. De même qu'on a essayé d’éradiquer la maladie de la langue bleu en 2008 déjà avec des vaccinations obligatoires - et qu’elle est toujours présente. Un virus, ça passe et ça repasse - personne n’a jamais éradiqué la grippe. Il faut soigner les animaux malades (ce qui est tout à fait possible et est démontré par des études scientifiques) pour qu'ils s’immunisent et apprendre à vivre avec la maladie.
Quelle folie de toute puissance de l’homme ce carnage de bovins!
Quel jeu de pouvoir des administrations (de Bruxelles) sur les petits paysans.
Quelle violence inouïe contre les animaux et leurs éleveurs!
On tue et on brise des vies.
Inutilement!
Cela me révolte!
En ce qui nous concerne, Naulekh et moi, toutes ces maladies sont aussi prétexte pour nous empêcher de voyager, de sortir des conventions établies, d’élargir le cadre d’expression pour les yaks et les bovins et de raconter une histoire d'amitié entre animaux et humains. Car à la base, les bovins ne sont pas autorisé à se déplacer comme un cheval, les bovins sont supposés être sur une exploitation fixe. S'ils sont déplacés, cela se passe en bétaillère et s'ils partent à l'étranger, une quarataine d'un mois ou plus leur est imposée. C'est la loi actuelle. Chaque voyage demande des dérogations et qu'on reconsidère le statut d'un bovin et qu'on trouve des possibilités pour lui accorder plus de liberté. Chaque voyage est beaucoup plus qu’un seul loisir personnel, les longues préparations administratives et discussions avec les vétérinaires officiels sont aussi une étape vers plus de liberté et reconnaissance pour les bovins. Reconnaissance comme êtres vivants qui sont plus que de purs fournisseurs de nourriture pour les humains, des êtres qui sont capables d’apprendre, de travailler, de voyager, de communiquer et d’être de vrais compagnons et partenaires pour l’homme. Des individus avec un potentiel personnel, un caractère distinct et unique, une intelligence et une expression personnelle. C’est de cela que parlent nos voyages. Ce sont des voyages d’émancipation et de liberté. Et pour les yaks européens, ces animaux nomades des grandes espaces de l’Asie centrale, c’est une histoire de retrouver l’espace et le mouvement après plus de cent ans de captivité dans les zoos européen.
A travers les années, nous avons fait un excellent travail avec les vétérinaires officiels, donc ce ne sont pas eux que j'accuse. C’est un mouvement général du monde dans lequel nous évoluons, une tendance bureaucratique à tous limiter, à nous enfermer, à nous garder petits et à couper nos liens avec le vivant, dont nous sommes tous les pions et les victimes.
Je ne suis pas prête à abandonner aussi facilement et à me taire. Je continue pour l'instant à évaluer des itinéraires alternatifs et je reste en contact avec les responsables pour me tenir au courant de la situation. Mais je ne veux dans aucun cas mettre la vie de Naulekh en jeu!
Quoi qu'il arrive je continuerai à oeuvrer pour l'émancipation et la dignité des yaks ainsi que le respect, l'amitié et l'égalité entre les êtres humains et les animaux.

D'être temoin d'un tel massacre de bovins est plus que mon coeur peut porter en silence.
Je pense que c'est important de dénoncer ce qui se passe en ce moment, de montrer notre solidarité et notre indignation aux agriculteurs concernés qui ont perdu leurs troupeaux et de nous opposer à l'absurdité de ces abattages.
Nous devons cesser de croire que nous pouvons contrôler et soumettre la nature par des abattages massifs. Nous devons nous adapter et vivre avec la nature.
Entre temps, la maladie progresse et a'approche de nous et de nos troupeaux. La zone de surveillance s'est étendue dès le 25 juillet 2025 aux régions de Champéry, Finhaut et Ferret en Valais. Ma collègue Aurélie a du vacciner tous ces yaks....







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