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  • Rosula Blanc

Nouveau projet d'expédition

Mis à jour : avr. 30

Nous vivons des moments inédits où nos habitudes sont bousculées, mais même si le monde extérieur ralentit, les rêves ne s’arrêtent pas. Je pense même, que les rêves s’intensifient comme nous revenons à l’essentiel, à ce qui compte vraiment, à nos valeurs profondes et aux passions qui portent nos vies. Je vous présente donc notre prochain projet de voyage avec les yaks. Je suis heureuse de collaborer avec Pascale et de pouvoir vous parler d’un projet de recherche qui me passionne. Pour le moment tout ce qui se situe à quelques jours ou semaines de maintenant est incertitude, mais est-ce que cela change vraiment tellement les données ? N’était-ce pas la même chose dans ce que nous considérions notre « vie normale » ? L’année dernière j’ai mis tellement de temps et d’énergie à préparer cette expédition et à quelques semaines du départ Tsarang s’est cassé la mâchoire et tout était différent… Et quand nous sommes finalement partis dans les Grisons, il y a eu un imprévu après l’autre, chaque jour à réadapter, à improviser, à chercher des solutions… Donc, non, je ne crois pas que la situation actuelle est tellement différente, nous sommes juste plus conscients de l’incertitude de la vie. Mais l’incertitude, l’improvisation, la capacité d’adaptation et la fluidité font partie intégrante d’une expédition, donc nous l’embrassons pleinement et nous continuons à rêver !


Going East 2020


En automne 2020 Rosula Blanc et Pascale Schmied projettent de traverser les Alpes autrichiennes avec deux yaks. Deux mois d’itinérance nomade en quasi autonomie à travers vals et monts, face au soleil, la pluie, la neige et le vent, en se laissant façonner par la montagne et la cohabitation avec les animaux pour explorer la subtilité du lien qui relie l’être humain, les yaks et la nature sauvage. Ce voyage s’inscrit dans le projet d’une traversée intégrale des Alpes à pied avec des yaks initiée par Rosula en 2011. Si à l’origine, l’objectif était de démontrer le potentiel, l’endurance et l’intelligence des yaks en tant qu’animaux de bâts en les menant 600km d’Evolène à Menton; la deuxième partie – la traversée des Alpes Suisses - s’est faite en trois étapes avec différentes bergères et différents yaks et a permis d’approfondir la connaissance du yak dans une situation de travail. Ce troisième volet de la traversée des Alpes est une recherche sur le « chemin du berger » - la sagesse presque oubliée du berger nomade, l’homme du silence des montagnes. Rosula et Pascale ont l’une et l’autre vécu plusieurs années en Asie - Rosula au Japon et Pascale à Taïwan - avant de s’installer en Valais. Chacune d’elles y étudie différentes approches de travail de l’énergie (Qi), qu’elles pratiquent toujours aujourd’hui. Dans ce voyage elles veulent s’immerger dans les montagnes avec les yaks au rythme d'une pratique quotidienne de Qi Gong afin d’observer comment ce travail intérieur va se refléter dans leur relation à la nature et leurs interactions avec les yaks. Le yak, animal semi-sauvage, est très sensible à la qualité de l’énergie humaine. Une grande partie de la communication se joue à ce niveau énergétique – d’où l’intérêt d’explorer cet aspect avec plus d'attention. Ce voyage s'inscrit dans le projet de recherche dédié aux yaks, le Drogpa-Project. Être bergère-caravanière de yaks est un chemin de vie : vivre et travailler avec les yaks exige autant une observation et une connaissance de l’animal que de soi-même. Cela demande un engagement personnel, du courage, de l’humilité, de la patience, ainsi que la volonté de se remettre en question et d’apprendre. C’est un apprentissage continu, un chemin de développement intérieur : c’est grandir, c’est devenir de plus en plus précis (dans l’observation), de plus en plus simple (dans le geste), de plus en plus clair (dans l’intention) et de plus en plus ancré (dans la présence) ; c’est aller d’une gestuelle extérieure vers la force d’une présence intérieure. C’est passer du faire à l’être.   La cosmologie chinoise - sur laquelle se base le Qi Gong - considère que l'homme et l'univers forment un ensemble indivisible et s'influencent mutuellement. L'univers est constitué d'une énergie vitale, le Qi. Le Qi est une force qui anime et transforme toutes choses - visible et invisible - tout est interconnecté par ce même souffle. L'être humain n'est pas séparé du monde qui l'entoure, les limites entre matière et énergie sont fluides - la matière n’étant que la forme la plus condensée de l’énergie. L’univers et le corps humain constitués du même Qi, obéissent aux mêmes principes de transformations. Ces transformations sont illustrées par les concepts de Yin et le Yang. La nature Yin évoque une forme plus substantielle alors que la nature Yang est liée à une forme plus énergétique. C'est l’alternance entre Yin et Yang qui crée les mouvements perpétuels de l'univers : le Qi qui se meut, s’ouvre, s’étend est Yang; quand il revient à la quiétude, se replie sur lui-même et se condense, il est Yin.

La pratique du Qi Gong nous guide vers une simplicité et une clarté intérieure, vers un silence profond, qui nous enracine dans le moment présent et permet d'affiner notre perception du corps, de l’espace et de l’énergie. Elle nous aligne, nous centre et nous amène spontanément à être en synergie avec le rythme des transformations du Qi. Elle nous apprend aussi à mobiliser notre propre énergie selon les circonstances : d’être plus dominant ou plus discret, plus active ou plus calme à volonté. Notre pratique va se refléter dans notre communication avec les yaks, ils seront le miroir extérieur de notre exploration intérieure. Ce voyage vise à affiner notre compréhension du Qi et de ses possibilités de travail avec des animaux. But de la recherche: Explorer comment notre pratique du Qi Gong influence notre relation avec les yaks et avec l'environnement qui nous entoure. Observer ce que l’affinement de notre perception et de notre réceptivité changera dans la communication avec les yaks et notre résonnance avec la nature.

Dates du voyage: 10 septembre à la fin octobre 2020

Itinéraire: Depuis la frontière Suisse-Autriche, district de Landeck, en s’inspirant du « Zentralalpenweg 2A » direction Est à travers les Alpes autrichiennes jusqu'à la région de Knittelfeld (environ 600km).


Documentations prévues: 

Blog pendant le voyage ici sur: www.yakshuloche.ch

Facebook: https://www.facebook.com/yakshuloche/

Instagram: https://www.instagram.com/drogpaproject/


Soutien et sponsors:

«Going East» est un projet autofinancé dans le cadre du Drogpa-Project.

Toute aide matérielle ou financière est la bienvenue.


Membres de l'expédition: La recherche et le travail sur le Qi font partie de la vie de Rosula Blanc depuis trente ans. Sa formation initiale, elle la vit au Japon, comme apprentie dans une compagnie de danse Butoh. De retour en Europe, elle continue de se former en Qi Gong et Tai Chi, obtient un Master en scénographie à Londres, et récemment un diplôme d’acupuncture et de Shiatsu pour animaux. Rosula vit dans une petite ferme de montagne dans le Val d’Hérens. Pionnière dans le travail avec les yaks en Europe, Rosula a partagé plus de douze ans de vie avec eux à les élever et les mener en caravane à travers les Alpes, organisant et guidant des treks en montagne accompagnés de clients. L’intérêt principal de Rosula dans ce projet de recherche est ce que la modulation consciente de notre énergie peut nous apporter dans la communication avec les yaks. Sa supposition est que l’aspect énergétique joue un grand rôle dans notre communication avec les yaks, qu’ils réagissent moins à nos gestes qu’à notre état énergétique. Pascale Schmied est sinologue et praticienne de médecine chinoise à Sion. Elle obtient un PhD en médecine chinoise en 2019 et est chercheuse associée à l'institut des Humanités en Médecine à l'université de Lausanne. Elle pratique les arts du Qi depuis plus de 20 ans (arts martiaux, Qi Gong, Dao Yin, acupuncture) et enseigne le Dao Yin. Après une dizaine d'années passées à se former et à découvrir la Chine et Taïwan, elle s'installe dans le Val d'Hérens et rencontre Rosula et ses yaks. Elle aime la nature sauvage, la montagne et découvrir le monde en itinérance. Elle a parcouru à vélo la route de la Soie entre Taïwan et la Suisse. D'abord en 2014, puis elle termine ce voyage en 2019 avec sa famille. Pour Pascale, en temps qu'acupunctrice, la relation avec les yaks sera un repère pour comprendre comment sa pratique du Qi interagit avec l'extérieur. C'est une manière d'affiner sa compréhension des mouvements et des transformations de ce Qi.

Naulekh – yak né en 2012 à la Giette. Naulekh a été un « marcheur » depuis les premiers jours de sa vie. C’est un leader né et un puissant athlète : ambitieux, volontaire, courageux avec un plaisir du travail et un immense don pour lire le paysage y trouver le meilleur chemin.

Tsarang – yak né en 2015 à la Giette. Tsarang est un yak hautement sensible qui a plus facilement tendance à se défendre avec ses cornes quand il se sent menacé que la moyenne des yaks. Un trait qui fait peur à l’être humain, mais qui nous force à être juste, clair, précis, conscient de nos gestes et présent dans le moment. Quand il se sent en sécurité et comprend ce que l’on demande de lui, Tsarang est un magnifique être, courageux, intelligent et plein de douceur, prêt à collaborer et communiquer.


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