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  • Rosula Blanc

Hiver précoce

Mis à jour : 17 nov 2019

Jeudi, juste avant la neige, nous sommes remontés avec le troupeau depuis La Luette. Quel beau moment de marcher avec le troupeau dans cette ambiance suspendue avant la tempête, sachant que c’est la dernière sortie ensemble avant l’hiver. J’ai le cœur rempli de joie d’être encore une fois des leurs, d’être encore une fois yak, de sentir leur force, leur douceur, leur présence. Je profite de ces moments de communication qui s’ouvrent avec le yak qui marche juste derrière moi – ou devant moi. Je sens la connexion profonde avec Naulekh et Tsarang et leur présence, ils sont tellement plus attentifs et réceptifs à ce que je fais que les autres. Tsarang marche derrière moi dans la montée d’Arbey, nous marchons lentement et je l’arrête fréquemment pour attendre Kubilaï et Chibi qui marchent plus lentement. Stopper l’élan du troupeau c’est une chose que je fais rarement, mais c'est un bon exercice et nous avons de beaux moments de communication avec Tsarang, quand je lui demande de s’arrêter et d’attendre les autres et je le caresse derrière les cornes avec le bâton en attendant. Tsarang a pu se reposer depuis que nous sommes rentrés, son énergie est toujours assez basse, mais il est plus détendu psychologiquement. Il est ouvert, il observe, il est présent – je sens qu’il a beaucoup appris.

C’est une arrivée d’hiver bien précoce cette année !

La semaine dernière nous avons pu installer l’écurie d’hiver des yaks avec Léna et ranger les machines. Je suis très heureuse qu’elle était d’accord de rester ici une semaine de plus pour m’aider à finir les travaux les plus urgents avant l’hiver – ainsi je peux maintenant regarder tomber la neige avec sérénité.

Après deux mois à la Giette, hier, Léna a continué son voyage - première étape: la petite ferme de montagne d'une amie dans le Haut-Valais. Léna va l'aider à finir les derniers travaux avant l’hiver. Léna désire visiter différentes exploitations, voir différentes façons de faire, de vivre, de travailler avec les animaux et la terre pour s’inspirer pour son propre chemin.

Pour moi - premier jour seule dans mon petit ermitage de la Giette… changement de rythme… j’écoute le silence… j’ouvre l’espace - pour inviter les rêves, les inspirations qui mèneront doucement, doucement à de nouveaux projets. Mais avant cela, maintenant, dans le moment, je savoure le silence… plein de gratitude pour ce bel automne passé avec les yaks en montagne.

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